Posts on décembre 2009

Bonne année 2010

Une année riche. Beaucoup de rencontres enrichissantes, d’amitiés précieuses. Bonne année à tous.

Livre: La vie heureuse d’Augustin

croix

église bretagne

calvaire bretagne

Joyeux Noël.

Je suis d’origine bretonne et dans la maison familiale, comme s’en était éberlué un ami de mon frère, toutes les pièces abritent un Christ pendu à sa croix. La Bretagne est une terre catholique jonchée de calvaires, églises et chapelles.

Petite, toute petite par un concours de circonstances, j’ai décrété que Dieu n’existait pas. Messe, catéchisme, communions, rien n’y a fait, je n’y croyais pas.

Sans confession, j’ai cependant toujours respecté les croyants. Un train, un signe religieux autour du cou et me voilà sur vos genoux à vous demander d’où vous vient votre foi. Drôle d’athée que cette jeune fille qui courre après les mains de Fatima et les kippas.

Alors en ce jour de fête chrétienne, j’ai envie d’entamer une série d’articles sur le bonheur au travers des religions et l’occasion m’en a été donnée.

Alors que j’avais décidé de rentrer de la rive gauche jusqu’à chez moi à pied pour me laisser promener par les petites rues de Paris, je vois dans une vitrine un cadeau idéal pour mon oncle très pieux. Je devais attendre que l’on emballe mes présents. Je me ballade dans les rayons de la librairie catholique et Augustin me fait de l’œil. « De beata Vita », « La vie heureuse » écrit cinq ans avant qu’il ne soit ordonné prêtre. Il avait 32 ans, presque mon âge. La quatrième de couverture dit « s’il est une question qui parcourt comme un fil rouge toute l’oeuvre d’augustin, c’est celle du bonheur, ou plutôt du désir de bonheur.” Un obsédé du Bonheur, comme moi, qu’a-t-il découvert? Edition bilingue latin, malgré les stigmates des classes de latin, j’achète.

Pour Augustin tous les hommes veulent être heureux: ‘Omnium certa sententia est, qui ratione quoquo modo uti possunt, beatos esse omnes homines velle.’ On sort sa grammaire latine! Y a pas de raisons qu’il n’y ait que moi qui trinque.

La vie heureuse c’est comme lire des mathématiques du Bonheur. Augustin a à sa table amis et famille et déconstruit, reconstruit le Bonheur.

“Qui a dieu est heureux”. Voilà un constat sur lequel les invités sont d’accord, le biais étant que tous les invités semblent croyants! Puis par une série de questions, Augustin mène ses convives vers des réponses qui semblent de plus en plus complexes pour pouvoir couvrir tous les cas particuliers. De là il revient vers une synthèse qu’il tient en ces mots:

“ Etre heureux n’est donc rien d’autre que ne pas être dans l’indigence, c’est à dire être sage.” La sagesse “n’est en effet rien d’autre que la mesure de l’esprit, c’est à dire ce par quoi l’esprit se tient en équilibre pour qu’il ne verse pas dans le trop ni ne se réduise en deçà du plein. Or il verse dans la luxure, le pouvoir, l’orgueil et toutes autres choses de ce genre par quoi les esprits des intempérants et des malheureux croient se procurer joie et puissance. Or il se réduit par les bassesses, les peurs, la tristesse, la cupidité et toutes autres choses, quelles qu’elles soient, du fait desquelles les malheureux mêmes avouent que les hommes sont malheureux. »… « A donc sa propre mesure, c’est à dire la sagesse, quiconque est heureux. »

Et pour Augustin cette sagesse est guidée par Dieu : « Tel est donc l’entier rassasiement des esprits, c’est à dire la vie heureuse : connaître pieusement et parfaitement par qui l’on est conduit à la vérité, de quelle vérité l’on jouit complètement, par quoi l’on est rattaché à la mesure suprême. »

Je n’aurais sûrement jamais lu Augustin si ce n’avait été pour le bonheur. Les tournures de phrases, le mode de pensée… c’est étonnant comme l’écriture peut nous faire voyager dans le temps. J’ai diné à la table italienne d’Augustin.

Je vous livre également quelques citations choisies par Augustin tout au long de l’ouvrage:

“Ce que tu peux éviter, il est sot de l’accepter” Térence, l’Eunuque, 761

“ Puisque ne peut être fait ce que tu veux, veuille ce que tu peux.” Térence Andrienne 305-306

“Ce qui est utile avant tout dans la vie, c’est qu’il n’y ait rien de trop.” Térence, Andrienne 61

…””

Livre: le voyage d’Hector

Vous rappelez vous de votre premier téléphone portable ? Moi j’étais dans ma fiat Uno à Montpellier en 1999 quand je l’ai sorti de sa boite.

Premier téléphone portable, premier répondeur. J’avais demandé à mon frère d’enregistrer le message d’une voix virile : « Bonjour, je suis Hector le secrétaire particulier de Joanna. Laissez moi un message et je transmettrai »

Depuis Hector a pris des galons et gère mon ordinateur, mes disques durs externes, mon ipod, mon appareil photo… hector-stocks-2Tous mes compagnons électroniques sont un Hector en action : Hector sings, Hector stocks, Hector sees…

Alors vous imaginez, après dix ans de vie commune avec Hector quelle ne fut pas ma joie de découvrir le livre de François Lelord « Le voyage d’Hector ou la recherche du bonheur»

« Il était une fois un jeune psychiatre qui s’appelait Hector et qui n’était pas très content de lui ». Hector part en voyage en Chine, en Afrique et aux Etats-Unis pour comprendre ce qui rend les gens heureux ou malheureux.

Tout au long de son chemin et au fil de ses rencontres, il sort un petit calepin où il griffonne ses leçons du bonheur. Leçon n°1 « Un bon moyen de gâcher son bonheur, c’est de faire des comparaisons » ;… ; leçon n°7 « l’erreur, c’est de croire que le bonheur est le but » ; leçon n°8 : « le bonheur c’est d’être avec des gens qu’on aime » ; … ; leçon n°10 « le bonheur, c’est d’avoir une occupation qu’on aime » ;… ; leçon n°13 « le bonheur, c’est de se sentir utile aux autres » ; leçon n°14 « le bonheur, c’est d’être aimé pour ce que l’on est » ; … ; leçon 20 « le bonheur, c’est une façon de voir les choses »…

J’ai eu du mal à lire le voyage d’Hector essentiellement à cause de son style naïf. Les Etats-Unis sont le « grand pays du plus » ou « le pays où il y a le plus de psychiatres au monde ». Périphrases, périphrases, je suffoquais sous la périphrase.

Je peux comprendre que ce livre soit le livre de chevet de beaucoup de gens car derrière le conte de fée moderne, on trouve de vrais conseils sur le bonheur. François Lelord est psychiatre et ça se sent. Son Hector croise le chemin d’un moine bouddhiste et d’un spécialiste américain du bonheur, et les enseignements sont réels.


Remous au pays du bonheur

Je publie habituellement tous les jeudis mais la machine était grippée. Je n’avais que fichtre du Bonheur, j’expérimentais des remous intérieurs. Il est facile de parler de la félicité quand tout vous sourit mais beaucoup plus difficile quand nos blocages personnels se dressent tels des murs face à nous.

Le nez dessus, je regarde vers le haut, à droite, à gauche et je me sens bien petite et impuissante. Je reconnais ce mur, la couleur et l’odeur de la brique. Je suis déjà passée par ici. Tiens, là, cette encoche, la violence de mon poing qui tentait de traverser, d’exterminer, de détruire ce mur qui n’avait rien à faire là.

Donc me voilà face au même mur. Il a toujours l’air aussi grand, aussi solide. Tout se déchaine en moi. Pourquoi suis-je à nouveau face à ce mur ? N’ai-je rien appris ? Colère, violence intérieure, constat d’impuissance. Vais-je devoir à nouveau subir mes émotions ? Mes pensées sont vampirisées, aspirées, squattées. Les émotions seules maitresses du navire, c’est la grand voile en folie et le risque d’un coup de bôme.

Eh bien ça va vous paraître bien banal mais, avec un peu d’aide, je viens de réaliser que les murs sont parfois là pour nous aider à formaliser ce que l’on veut en ayant devant les yeux ce que l’on ne veut pas. Grace à mon mur, je comprends ce que je désire. J’ai presque honte d’écrire ça parce que c’est d’une simplicité déroutante mais jusqu’ici je n’arrêtais pas de me dire « je ne veux pas ça, je ne veux pas ça » et je fuyais, niais, combattais alors qu’il suffisait de rajouter « si je ne veux pas ça, c’est que je veux ceci ».

Je me concentre sur ceci et je longe le mur jusqu’à ce que ceci apparaisse.

J’aimerais maintenant partager avec vous l’interview de Stéphanie rencontrée le même soir que Yann au cinquante. Elle avait trouvé un peu trop facile de résumer le bonheur à quelques mots car quand la vie ne nous fait pas de cadeaux, tout ça ce ne sont que des belles paroles. J’ai retrouvé Stéphanie pour qu’elle puisse nous donner son point de vue qui fait écho aux difficultés que j’avais de parler du bonheur cette semaine.

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