Posts on juin 2013

Happyview*94: Héléna Cournelle – Intuition

L’intuition est un thème récurent en ce moment. C’était le thème du dernier café Happylab Paris avec Maud et Cathy-Anne. Ce sera l’occasion d’un atelier avec Hélène au Forum Happylab du 19 octobre. C’est le sujet central de cet entretien avec Héléna aujourd’hui.

L’intuition est sûrement un amalgame de choses.

Un pompier hurle à ses collègues dans une maison en feu, « sortez ». Il ne sait pas complètement pourquoi mais il a une intuition. Un instant après, un backdraft fait voler en éclats portes et fenêtres. Nous recevons à chaque instant des milliers d’informations dont la large majorité est traitée automatiquement. Une odeur, un craquement, un silence… toutes ces informations sont intégrées et rapprochées d’autres expériences sans que la pensée n’ait besoin de s’en mêler. Une sensation, une intuition vient alerter le corps et le pompier crie « sortez » sans même avoir pu analyser le pourquoi.

L’intuition relève sûrement de ce genre de phénomène et se révèle à nous par une image fugace, une sensation corporelle ou même en rêve. De l’inconscient au conscient par un langage subtil.

Et puis il y a l’intuition plus étonnante, celle que j’utilise chaque jour pour choisir mon chemin. Une intuition qui semble guider nos pas vers une rencontre, un événement. Pour m’amuser avec cette intuition, j’ai un petit jeu. Je vis à Paris et chaque jour je me branche à mon intuition pour croiser quelqu’un que je connais, par hasard, dans la rue. Sentir le temps juste, le mouvement juste. Sortir de la ligne droite et suivre une fluette mélodie. Ouvrir grand les yeux et laisser la magie opérer. Cette intuition là, je ne me l’explique pas vraiment, elle est une compagne de jeu.

Héléna est née avec cette intuition exacerbée. Elle nous explique comment développer la notre.

Happyview*93: Déborah – Bonheur et cancer

Ma rencontre avec Patrick Burensteinas m’a marquée alors quand Godo me propose de venir aux Fééries du Bocage où Patrick intervient, je n’hésite pas bien longtemps. Rencontrer d’autres alchimistes et pousser un peu plus cette porte déjà entrebâillée, mes pieds étaient déjà en route.

Là-bas je retrouve Bertrand Vergely toujours aussi enthousiaste. Nous discutons. J’aperçois Patrick Burensteinas. Me voilà avec deux des personnes qui m’ont le plus marquée dans toute cette aventure du bonheur.

Sous le chapiteau, je suis les conférences des alchimistes mais il n’y a rien à faire, c’est Patrick Burensteinas qui à nouveau happe mon oreille. Le petit poucet décrypté, je récolte de nouvelles clés en suivant son flow, meilleur qu’un rappeur!

Le Festival ferme ses portes avant le concert de Luc Arbogast. A ce moment là, j’aidais à transbahuter des canettes et autres victuailles pour le banquet qui se préparait. Prise dans l’élan, je m’assois à table et festoie avec elfes et bêtes à cornes. Je suis en bout de table face à un couple et très vite nous sympathisons. Déborah me dit une phrase qui m’interpelle, une phrase où les mots cancer et bonheur se côtoient! J’ai ma caméra avec moi, elle accepte de partager son expérience.

Nous nous quittons et je pars me mettre en position pour écouter Luc Arbogast. Sur le terre-plein, je rencontre un couple, la soixantaine, un peu trop sympathique pour être honnête. Ils sont belges, tout s’explique! Ils me confient que lui a fait 2 cancers et un triple pontage. Je leur dis que c’est incroyable car je viens d’interviewer une jeune femme qui m’a parlé de son cancer! Et pourtant le parallèle le plus fort entre eux n’est pas le cancer mais l’amour. Le vrai point commun de ces deux couples est l’amour puissant qui les lie. Ils m’ont touchée à la moelle quand j’ai senti l’immense tendresse qui les portait.

Quand Luc Arbogast est arrivé avec ses chants de marins, son humour, son son médiéval, sa féérie à lui, je me suis laissée planer. Je ne touchais plus terre! (petit échantillon en fin de vidéo)

Happyview*92: Many Rescapée des camps de la mort

En septembre dernier, je rencontrais Bertrand dans un amphithéâtre. Il me dit que je devrais recueillir le témoignage d’anciens déportés. Quelques jours plus tard, Jessica propose à ses contacts Facebook une invitation pour l’inauguration du mémorial de la Shoah à Drancy. Je m’y rends. Dans le RER, je rencontre une bande d’octogénaires. Nous sympathisons. Je ne sais pas trop comment nous en arrivons à parler de Pitchipoï. Je découvre alors qu’une des femmes du trio qui ne fait pas son âge, coquette et discrète, a été déportée à Auschwitz. Je lui parle de mon blog et tout ces hasards qui pointent dans la même direction. Je lui demande si elle accepterait d’en parler devant ma caméra. Elle m’avoue qu’elle n’en parle même pas avec ses enfants. Cela reste un souvenir traumatisant pour elle. Nous nous quittons sur le quai de gare loin de ma destination dans des échanges de sourires et de bises.

Bertrand m’envoie un message: Magda Hollander-Lafon, ancienne déportée, est l’invitée d’un libraire parisien pour parler de son livre Quatre petits bouts de pain : Des ténèbres à la joie. Je suis assise en face de Magda, les yeux dans les yeux. J’ai été profondément touchée par ses mots, par son message de paix. J’ai ri, frissonné, pleuré en écoutant son récit. Magda va dans les écoles, sur les plateaux de télé, sur les scènes pour passer son message d’amour. Elle a mis 30 ans avant de pouvoir parler de son expérience.

Malgré ce faisceau de coïncidences, je n’ai pas pu recueillir de témoignage. La vie m’avait pourtant fait de gros clins d’œil!

Le 29 avril dernier, Tibor m’invite à venir voir son spectacle de mentalisme au théatre Clavel. Mon voisin de droite se penche au dessus de moi pour dire à mon voisin de gauche: « J’ai trouvé un éditeur. L’histoire de ma mère est publiée ». Je ne connais pas mon voisin de droite mais ma curiosité ne semble pas se soucier de ce genre de détails. Votre mère? …

Le livre c’est « A5564 ». A5564: le tatouage sur l’avant-bras de Many, son billet d’entrée à Auschwitz. 93 ans et vive comme une jeunette. Je vous révèle ici son secret de jouvence: le champagne et les boudoirs. Mady est passée du faste du music-hall à l’enfer des camps et nous transmet dans ce long entretien son histoire.

Je suis déconcertée par la rencontre de ces trois femmes. Elles sont toutes trois passées par Drancy et les camps de la mort et pourtant leurs vécus sont si différents. Leur expérience, leur retour, le reste de leur vie… aux antipodes. Je me suis souvent posée la question de qui je serais face à l’horreur. Je n’ai pas vraiment de réponse mais je n’oublie pas que des hommes et des femmes encore à nos cotés ont du faire des choix, constater la lâcheté et la cruauté. Je n’oublie pas que l’on retrouve les traces de nos manques d’amour dans des détails du quotidien. Je n’oublie pas qu’il est facile de s’endormir.

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