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Résilience

Happyview*93: Déborah

by Joanna on 14/06/2013

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Ma rencontre avec Patrick Burensteinas m’a marquée alors quand Godo me propose de venir aux Fééries du Bocage où Patrick intervient, je n’hésite pas bien longtemps. Rencontrer d’autres alchimistes et pousser un peu plus cette porte déjà entrebâillée, mes pieds étaient déjà en route.

Là-bas je retrouve Bertrand Vergely toujours aussi enthousiaste. Nous discutons. J’aperçois Patrick Burensteinas. Me voilà avec deux des personnes qui m’ont le plus marquée dans toute cette aventure du bonheur.

Sous le chapiteau, je suis les conférences des alchimistes mais il n’y a rien à faire, c’est Patrick Burensteinas qui à nouveau happe mon oreille. Le petit poucet décrypté, je récolte de nouvelles clés en suivant son flow, meilleur qu’un rappeur!

Le Festival ferme ses portes avant le concert de Luc Arbogast. A ce moment là, j’aidais à transbahuter des canettes et autres victuailles pour le banquet qui se préparait. Prise dans l’élan, je m’assois à table et festoie avec elfes et bêtes à cornes. Je suis en bout de table face à un couple et très vite nous sympathisons. Déborah me dit une phrase qui m’interpelle, une phrase où les mots cancer et bonheur se côtoient! J’ai ma caméra avec moi, elle accepte de partager son expérience.

Nous nous quittons et je pars me mettre en position pour écouter Luc Arbogast. Sur le terre-plein, je rencontre un couple, la soixantaine, un peu trop sympathique pour être honnête. Ils sont belges, tout s’explique! Ils me confient que lui a fait 2 cancers et un triple pontage. Je leur dis que c’est incroyable car je viens d’interviewer une jeune femme qui m’a parlé de son cancer! Et pourtant le parallèle le plus fort entre eux n’est pas le cancer mais l’amour. Le vrai point commun de ces deux couples est l’amour puissant qui les lie. Ils m’ont touchée à la moelle quand j’ai senti l’immense tendresse qui les portait.

Quand Luc Arbogast est arrivé avec ses chants de marins, son humour, son son médiéval, sa féérie à lui, je me suis laissée planer. Je ne touchais plus terre! (petit échantillon en fin de vidéo)

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Happyview*92: Many

by Joanna on 04/06/2013

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En septembre dernier, je rencontrais Bertrand dans un amphithéâtre. Il me dit que je devrais recueillir le témoignage d’anciens déportés. Quelques jours plus tard, Jessica propose à ses contacts Facebook une invitation pour l’inauguration du mémorial de la Shoah à Drancy. Je m’y rends. Dans le RER, je rencontre une bande d’octogénaires. Nous sympathisons. Je ne sais pas trop comment nous en arrivons à parler de Pitchipoï. Je découvre alors qu’une des femmes du trio qui ne fait pas son âge, coquette et discrète, a été déportée à Auschwitz. Je lui parle de mon blog et tout ces hasards qui pointent dans la même direction. Je lui demande si elle accepterait d’en parler devant ma caméra. Elle m’avoue qu’elle n’en parle même pas avec ses enfants. Cela reste un souvenir traumatisant pour elle. Nous nous quittons sur le quai de gare loin de ma destination dans des échanges de sourires et de bises.

Bertrand m’envoie un message: Magda Hollander-Lafon, ancienne déportée, est l’invitée d’un libraire parisien pour parler de son livre Quatre petits bouts de pain : Des ténèbres à la joie. Je suis assise en face de Magda, les yeux dans les yeux. J’ai été profondément touchée par ses mots, par son message de paix. J’ai ri, frissonné, pleuré en écoutant son récit. Magda va dans les écoles, sur les plateaux de télé, sur les scènes pour passer son message d’amour. Elle a mis 30 ans avant de pouvoir parler de son expérience.

Malgré ce faisceau de coïncidences, je n’ai pas pu recueillir de témoignage. La vie m’avait pourtant fait de gros clins d’œil!

Le 29 avril dernier, Tibor m’invite à venir voir son spectacle de mentalisme au théatre Clavel. Mon voisin de droite se penche au dessus de moi pour dire à mon voisin de gauche: “J’ai trouvé un éditeur. L’histoire de ma mère est publiée”. Je ne connais pas mon voisin de droite mais ma curiosité ne semble pas se soucier de ce genre de détails. Votre mère? …

Le livre c’est “A5564″. A5564: le tatouage sur l’avant-bras de Many, son billet d’entrée à Auschwitz. 93 ans et vive comme une jeunette. Je vous révèle ici son secret de jouvence: le champagne et les boudoirs. Mady est passée du faste du music-hall à l’enfer des camps et nous transmet dans ce long entretien son histoire.

Je suis déconcertée par la rencontre de ces trois femmes. Elles sont toutes trois passées par Drancy et les camps de la mort et pourtant leurs vécus sont si différents. Leur expérience, leur retour, le reste de leur vie… aux antipodes. Je me suis souvent posée la question de qui je serais face à l’horreur. Je n’ai pas vraiment de réponse mais je n’oublie pas que des hommes et des femmes encore à nos cotés ont du faire des choix, constater la lâcheté et la cruauté. Je n’oublie pas que l’on retrouve les traces de nos manques d’amour dans des détails du quotidien. Je n’oublie pas qu’il est facile de s’endormir.

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La lettre d’information de mai: Egotique

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Happyview*64: Magali Saby

by Joanna on 30/04/2012

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Je me fais ces réflexions à voix basse, dans ma tête, de peur qu’on ne m’entende et que l’on me trouve niaise.

Je me dis, au coeur d’un moment banal, que je marche et que c’est une chance immense. Je me dis qu’il faut que je sente le bout de mes orteils, que je ne sais pas ce qu’il adviendra de moi demain et que de mettre un pied devant l’autre est un bien précieux. Comme je ne peux pas penser toujours à mes pieds, parfois j’observe mes phalanges.

Heureusement que personne ne sait que régulièrement j’encense mon corps d’une révérence de silence des méninges, que j’écoute les sensations du corps. Heureusement que ce ne sont que des moments furtifs, des plaisirs calfeutrés dans le silence de ma boite crânienne car il ne faudrait pas que cela se sache, j’ai une réputation à maintenir! Quelle personne saine d’esprit aurait le temps de fermer les yeux pour sentir son corps de l’intérieur? Pas moi!

Alors que j’avais 21 ans, j’ai changé le cours de ma vie après avoir rencontré quelqu’un qui avait failli mourir.

Je n’attendrai pas d’être face à un mur pour apprendre des expériences des autres. Je n’attendrai pas pour voir la beauté du monde et apprécier les chances que j’ai.

Nous avons tous des cartes différentes, et quand je vois comment Magali joue les siennes, je me sens tous les courages.

Magali passe des larmes à un sourire éclatant en un bruissement de cil. Elle est comme le temps parisien ces derniers jours. Eclatante de beauté, brillante comme un soleil puis émue aux larmes par l’évocation d’un être cher. Magali célèbre par sa vie sa chance d’être là. Elle me dit que les souffrances qu’elle a du traverser, les difficultés qu’elle rencontre, elle ne les échangerait pour rien au monde. C’est dur à comprendre. Aimer son handicap ? Aimer les leçons des épreuves traversées ! Difficilement intelligible quand l’épreuve est quotidienne. Pourtant à la voir danser, braver les regards, évoluer avec difficulté et grâce, je ne peux qu’être inspirée.

Voici donc notre échange suivi d’un extrait de son cours de danse avec sa troupe et son professeur Lyse Seguin..

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Happyview*45: Philippe Streiff

by Joanna on 13/11/2011

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Lorsque j’ai interviewé Yolaine de la Bigne, elle m’a dit que je devais rencontrer Philippe Streiff. Ancien pilote de Formule 1, Philippe est un exemple d’enthousiasme.

Ambassadeur BMW, conseiller technique auprès du délégué interministériel à la sécurité routière, co-organisateur du ERDF Masters Kart à Bercy, Philippe est un homme de passion et d’action.

Il dit être heureux et pourtant Philippe est tétraplégique. Il doit être assisté dans sa vie quotidienne pour l’anodin et l’intime. A quoi tient le bonheur?

Depuis quelques temps je rencontre des difficultés qui me coupent de ma joie de vivre. J’ai beaucoup de mal à ne pas me sentir submergée par la tristesse et la déception. Mes idéaux sont bousculés. Heureusement que ma capacité à prendre du recul et à relativiser m’aident à ne pas vivre tout ça comme un drame personnel. Je me demande quand même comment je vivrais une épreuve comme celle-ci, perdre sa mobilité, quand je vois déjà mon bateau prendre l’eau pour “un rien”.

La semaine dernière j’ai rencontré une jeune femme bouleversante, pétillante, forte et fragile. Elle s’appelle Magalie. Alors qu’elle n’a que 25 ans, j’ai été touchée par sa maturité. Elle a traversé des épreuves puissantes. Loin d’être guerrière, bien qu’il lui ait fallu du courage pour avancer, elle m’a éblouie par sa grande sensibilité. Une sensibilité qui la fait passer dans la même heure du rire aux larmes. Du revers de la main, joue sèche et déjà l’esquisse d’un sourire.

Je voudrais dire merci à Philippe et Magalie de me rappeler les essentiels. En un mois, ma vie est passée des rires aux larmes. Mais déjà le dos de ma main effleure ma joue, mes zygomatiques frétillent.

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Happyview*42: Marie-Lise Labonté

by Joanna on 16/10/2011

Cette semaine avec la venue de Thierry Janssen et Vincent Houba au Forum Happylab, j’étais dans ma semaine belge. La semaine dernière avec Christine qui était de passage et que j’ai eu grand plaisir à revoir et Marie-Lise Labonté qui m’accorde cette interview, c’était la semaine québécoise!

Nous avions rendez-vous au Six où tout a été fait pour que nous puissions échanger en toute tranquillité. Marie-Lise partage avec nous sa vision du bonheur et un moment de sa vie élastique.

Le temps élastique. Le temps figé par la stupeur, par l’instant qui bascule parfois dans l’extase, parfois dans l’horreur. Le temps qu’on aimerait remonter quand la pente savonneuse nous emporte.

Marie-Lise a vécu des minutes interminables séparée par l’épaisseur d’un rideau du meurtrier de son mari.

Elle le raconte dans Derrière le rideau

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