Dimanche.
Y a de la joie.
Voilà des mois qui dépassent la douzaine que je n’ai pas été à la piscine. Toujours une excuse ! Eh bien ce dimanche, on m’aurait mis sur des roulettes, je n’avais plus qu’à laisser faire le magnétisme de l’eau chlorée. Comme je ne suis pas sur roulette, j’ai marché. Je n’ai que 70 mètres à faire. Il m’a fallu quelques secondes pour reconnaître, sur mon chemin, un de mes anciens colocataires, pas vu depuis des années et qui politisait à grande distribution de tracts. Je suis très friande des coïncidences et petits hasards. La journée commençait bien et ce dimanche alla en crescendo.
Ah j’étais fière, glorieuse même : j’irradiais de joie. C’est simple, il suffit d’orienter ses pensées. Fastoche.
La nuit tomba et direction le 50 pour chanter.
Demain approche. La peur pointe son nez. Une idée noire. Peur. Cynisme. Un sarcasme comme la peur déguisée, enrobée d’un sourire narquois. Une pensée qui titille le coin de l’œil. Je rentre tôt. Le long du canal, je pleurerais bien de ne pas faire honneur à mes chances de vie, de sombrer dans le conflit quand la vie me donne tant.
Bonne nuit. Je me réveille sans souvenirs de mes songes mais dans un état de bien être rare.
Nous sommes lundi matin.
Une pensée noire.
Je me dis que je n’en ai pas besoin mais je laisse pourtant une deuxième faire son nid et le dialogue interne commence. « Te laisse pas faire! Sainte Joanna ne mérite vraiment pas ça »
C’est l’heure. Je suis blême. Le long du canal, jambes en coton.
Face à face. 2h de justifications, accusations, réactions, tout ce que je ne voulais pas faire. Et ma voie qui monte, et mon esprit qui cherche la faille, la confirmation, le complot.
Je rentre. On me dit que ce n’est pas la voie que j’ai choisi, que l’autre est bancal. Mon esprit s’en rassasie, se tape sur le ventre mais sait que c’est un moyen rapide de calmer le malaise qui, lui, plonge ses racines dans la culpabilité d’avoir chercher ce qui n’est pas nécessaire quand on le synthétise soi-même : reconnaissance, protection, justice.
Mardi.
Je virevolte. Des visages amis passent à l’improviste. Des rencontres, des enfants, un chien, une ribambelle de jolis moments et je glisse sur un nuage. Hier n’est plus qu’un songe.
Mon malaise dans cette situation ne vient pas de cette autre personne mais de mes réactions. Je peux écouter sans avoir à adopter son mode de pensée ou m’y plier. La façon dont je réagis m’appartient. Si j’avais été au clair avec moi-même, je n’en aurais pas fait une affaire personnelle.
Et le bonheur dans tout ça ? Renforcé. Même si je n’ai pas réussi mon défi, j’ai en chaque instant, même dans la tristesse, conscience de la chance fabuleuse que j’ai de vivre chaque rencontre, chaque sensation. Je garde aussi à l’esprit que tout change et que la communication peut être interrompue à un moment et être limpide à un autre. Les sensations désagréables peuvent être suivie de moment d’extase et vice versa. Chaque instant, une petite vie en soi.
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Ma vision du bonheur
by admin on 29/04/2010
Regardez au fin fond de l’univers, là ou les supernovas engloutissent mais aussi créent les éléments chimiques qui composent notre univers.
Certains regardent le monde avec les yeux de l’implacable logique mathématique. Georg Cantor y a perdu sa sanité en ouvrant la porte des infinis. Il est dur pour moi de comprendre comment on peut lire, écouter, voir à travers les mathématiques, un langage pour interpréter l’univers que nous vivons. Comprendre en ordonnant en lignes, formules, sigles, chiffres. Un exercice de l’esprit qui veut comprendre ce monde rationnellement. Cantor qui était surement un homme d’une intelligence rare a été déstabilisé par ses propres découvertes. Il a voyagé dans des paysages inconnus, d’un infini à un infini plus grand.
S = k ln W
Cette équation a également exploré les limites de notre intellect et du rationnel. Boltzman a ébranlé les certitudes de la physique en mettant l’accent sur la probabilité. La graine de l’incertain en physique était plantée… Arroser et observer.
Un botaniste observe. Il observe au microscope du pollen qui danse saupoudré sur de l’eau. Mais pourquoi le pollen danse-t-il comme s’il était vivant ? Ce n’est que bien plus tard qu’Einstein l’expliqua. Le grain de pollen danse poussé par de petites particules, ridiculement petites. L’atome.
C’est au tour de Rutherford d’aller plus loin dans infiniment petit. Grâce à son intuition, Ernest Rutherford a découvert que l’atome était essentiellement du vide. Et oui, quand une feuille d’or est bombardée par des émissions radioactives de radium certains rayons ricochent. Seulement certains ricochent parce que ce petit nombre de rayons seulement a touché la matière de l’atome, le nucléon, 10000 fois plus petit que l’atome. Mais comme les strates n’en finissent jamais, tous les scientifiques du monde planchent où regardent la révolution faire son œuvre. Le proton, les neutrons, le quark, le nuage de particules fantôme… Toujours plus bas, plus profond dans la matière. Les Christophe Colomb de la science vont trouver leur chemin vers l’Inde mais quelle Amérique trouveront-ils ?
Nous vivons dans une soupe de particules, que la brique constituante soit les quark ou des filaments vibrants. Une soupe d’infinis, là haut dans les étoiles, ici dans les mathématiques ou dans l’infiniment petit. Partout où je regarde, l’infini des possibilités, l’infini des expériences, l’infini des rêves. L’infini.
Sénégal, Guatemala, Maroc, Nouvelle-Zélande, Corée du Sud, Pakistan, Malaisie, Chine, Inde, Laos… j’ai voyagé. Tantôt serveuse, tantôt enseignante, j’ai voyagé dans différentes vies. Peu importe le pays, la culture, peu importe l’histoire, un manteau de traditions, de croyances face à mes croyances, mes traditions. Où est le vrai, où est le sincère, le soi ?
A quoi ressemble mon manteau ? J’ai découvert l’histoire de ma famille et comment elle pouvait me pousser à faire des choix de loyauté plutôt que de bonheur. Vous êtes lié à la façon dont vous avez été éduqué, et à celle dont vos parents ont été élevés. La famille vous passe le flambeau pour aborder ce monde avec l’écusson, le trésor et le fardeau de la lignée.
Mais allégeons l’écriture tout de suite.
Le bonheur est la capacité à expérimenter chaque moment comme une chance unique dans l’infini. Alors oui, il peut y avoir des moments difficiles à vivre mais mon bonheur est là, j’ai confiance dans ma capacité à faire les bons choix parce qu’il n’y a pas de bons ou mauvais choix. Quoique je vive, l’important est que chaque moment me permette de me rapprocher de qui je suis vraiment, enfin sincère avec moi-même.
Le bonheur pour moi englobe la liberté, la vérité, l’amour, la joie.
Alors si ces mots sont mes valeurs et sûrement mes aspirations, le bonheur s’expérimente chaque jour de plus en plus.
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