by Joanna on February 18, 2010

photo credit: leafar.
Dimanche.
Y a de la joie.
Voilà des mois qui dépassent la douzaine que je n’ai pas été à la piscine. Toujours une excuse ! Eh bien ce dimanche, on m’aurait mis sur des roulettes, je n’avais plus qu’à laisser faire le magnétisme de l’eau chlorée. Comme je ne suis pas sur roulette, j’ai marché. Je n’ai que 70 mètres à faire. Il m’a fallu quelques secondes pour reconnaître, sur mon chemin, un de mes anciens colocataires, pas vu depuis des années et qui politisait à grande distribution de tracts. Je suis très friande des coïncidences et petits hasards. La journée commençait bien et ce dimanche alla en crescendo.
Ah j’étais fière, glorieuse même : j’irradiais de joie. C’est simple, il suffit d’orienter ses pensées. Fastoche.
La nuit tomba et direction le 50 pour chanter.
Demain approche. La peur pointe son nez. Une idée noire. Peur. Cynisme. Un sarcasme comme la peur déguisée, enrobée d’un sourire narquois. Une pensée qui titille le coin de l’œil. Je rentre tôt. Le long du canal, je pleurerais bien de ne pas faire honneur à mes chances de vie, de sombrer dans le conflit quand la vie me donne tant.
Bonne nuit. Je me réveille sans souvenirs de mes songes mais dans un état de bien être rare.
Nous sommes lundi matin.
Une pensée noire.
Je me dis que je n’en ai pas besoin mais je laisse pourtant une deuxième faire son nid et le dialogue interne commence. « Te laisse pas faire! Sainte Joanna ne mérite vraiment pas ça »
C’est l’heure. Je suis blême. Le long du canal, jambes en coton.
Face à face. 2h de justifications, accusations, réactions, tout ce que je ne voulais pas faire. Et ma voie qui monte, et mon esprit qui cherche la faille, la confirmation, le complot.
Je rentre. On me dit que ce n’est pas la voie que j’ai choisi, que l’autre est bancal. Mon esprit s’en rassasie, se tape sur le ventre mais sait que c’est un moyen rapide de calmer le malaise qui, lui, plonge ses racines dans la culpabilité d’avoir chercher ce qui n’est pas nécessaire quand on le synthétise soi-même : reconnaissance, protection, justice.
Mardi.
Je virevolte. Des visages amis passent à l’improviste. Des rencontres, des enfants, un chien, une ribambelle de jolis moments et je glisse sur un nuage. Hier n’est plus qu’un songe.
Mon malaise dans cette situation ne vient pas de cette autre personne mais de mes réactions. Je peux écouter sans avoir à adopter son mode de pensée ou m’y plier. La façon dont je réagis m’appartient. Si j’avais été au clair avec moi-même, je n’en aurais pas fait une affaire personnelle.
Et le bonheur dans tout ça ? Renforcé. Même si je n’ai pas réussi mon défi, j’ai en chaque instant, même dans la tristesse, conscience de la chance fabuleuse que j’ai de vivre chaque rencontre, chaque sensation. Je garde aussi à l’esprit que tout change et que la communication peut être interrompue à un moment et être limpide à un autre. Les sensations désagréables peuvent être suivie de moment d’extase et vice versa. Chaque instant, une petite vie en soi.
by Joanna on February 11, 2010

photo credit: soopahgrover
Lundi j’ai un RDV important, un de ceux qui ne font pas vraiment plaisir. Un RDV avec quelqu’un qui a des griefs envers moi.
Quand j’ai reçu sa « convocation », j’ai senti la peur.
La peur comme une onde qui se propage dans le corps et vient durcir la nuque. La peur à l’intérieur du corps comme un jeu de domino. Domino suivant : une pensée et ses congénères en file indienne.
Quel brouhaha dans ma tête ! Ca crie à l’injustice, à la méprise, aux abus, à l’égoïsme. Mes pensées se disputent la plus haute marche, à qui a la meilleure explication, le plus bel argument du pourquoi du comment. Mes pensées tournent et un nouveau domino tombe : une émotion, une angoisse, une pensée négative, fébrilité, une pensée négative, agitation, une pensée négative…
Et il ne me faut en général pas bien longtemps pour que cette peur, souvent disproportionnée, vienne par son torrent d’émotions et pensées balayer toute la beauté de mon quotidien.
Les pensées alimentent les émotions, les émotions façonnent la vision et de ce fait la manière dont je vis les évènements.
Je suis allée marcher, m’aérer, sentir la vie des autres qui courent, qui crient, qui rient. J’ai parlé avec des amis qui m’ont distrait. Mais au bout du compte, je crois que la solution est dans mon camp : je peux décider de ce à quoi je pense et de comment j’y pense.
Donc dans ce texte en deux parties, je me lance un défi :
Je choisie de faire la place belle au beau dans ma vie. Je pense à ce qui renforce mes émotions positives. Et le moment venu, j’écoute ce que l’autre veut me dire sans vouloir justifier, contrer, convaincre, démontrer… j’écoute entièrement.
Nous sommes samedi, lundi viendra mon défi, dimanche est un terrain neutre où la joie peut s’ébrouer. Alors allons y gaiement.
Suite au prochain épisode.
by Joanna on December 31, 2009
Une année riche. Beaucoup de rencontres enrichissantes, d’amitiés précieuses. Bonne année à tous.
by Joanna on December 10, 2009
Je publie habituellement tous les jeudis mais la machine était grippée. Je n’avais que fichtre du Bonheur, j’expérimentais des remous intérieurs. Il est facile de parler de la félicité quand tout vous sourit mais beaucoup plus difficile quand nos blocages personnels se dressent tels des murs face à nous.
Le nez dessus, je regarde vers le haut, à droite, à gauche et je me sens bien petite et impuissante. Je reconnais ce mur, la couleur et l’odeur de la brique. Je suis déjà passée par ici. Tiens, là, cette encoche, la violence de mon poing qui tentait de traverser, d’exterminer, de détruire ce mur qui n’avait rien à faire là.
Donc me voilà face au même mur. Il a toujours l’air aussi grand, aussi solide. Tout se déchaine en moi. Pourquoi suis-je à nouveau face à ce mur ? N’ai-je rien appris ? Colère, violence intérieure, constat d’impuissance. Vais-je devoir à nouveau subir mes émotions ? Mes pensées sont vampirisées, aspirées, squattées. Les émotions seules maitresses du navire, c’est la grand voile en folie et le risque d’un coup de bôme.
Eh bien ça va vous paraître bien banal mais, avec un peu d’aide, je viens de réaliser que les murs sont parfois là pour nous aider à formaliser ce que l’on veut en ayant devant les yeux ce que l’on ne veut pas. Grace à mon mur, je comprends ce que je désire. J’ai presque honte d’écrire ça parce que c’est d’une simplicité déroutante mais jusqu’ici je n’arrêtais pas de me dire « je ne veux pas ça, je ne veux pas ça » et je fuyais, niais, combattais alors qu’il suffisait de rajouter « si je ne veux pas ça, c’est que je veux ceci ».
Je me concentre sur ceci et je longe le mur jusqu’à ce que ceci apparaisse.

J’aimerais maintenant partager avec vous l’interview de Stéphanie rencontrée le même soir que Yann au cinquante. Elle avait trouvé un peu trop facile de résumer le bonheur à quelques mots car quand la vie ne nous fait pas de cadeaux, tout ça ce ne sont que des belles paroles. J’ai retrouvé Stéphanie pour qu’elle puisse nous donner son point de vue qui fait écho aux difficultés que j’avais de parler du bonheur cette semaine.
by Joanna on November 5, 2009

Il voulait savoir. Il n’a jamais lu mon blog et il ne s’est pas laissé décourager par ma première esquive.
Il aime bricoler, poncer, scier, chignoler. On le voit souvent courir chercher sa boite à outils et s’engouffrer sous un bureau. Il ne serait pas étonnant d’apprendre que certains aient rencontré son postérieur avant de croiser son regard tout content qu’il était d’ajuster un fil mal connecté.
Il voulait savoir si mon blog sur le bonheur parlait de la poursuite du bonheur.
Question simple posée gentiment d’un ton clair tel un fromage fumant sur une trappe bricolée avec soin.
Le bonheur est un sujet sensible sur lequel chacun à son opinion et son expertise. Du « le bonheur n’existe pas » à « les dix lois du bonheur », tout se dit.
Quand on a un blog sur le bonheur, on se doit d’aller chercher le fromage.
Je m’avance vers maître corbeau et lui dit sans flatterie :
Le bonheur n’est pas une poursuite, le bonheur est un révélateur. Nul besoin de changer le paysage, les gens présents, la disposition, le bonheur n’est pas conditionnel. Face au même tableau, l’un voit la grisaille ou l’autre distingue les touches de couleur. Le bonheur c’est ici et maintenant.
Aucun mécanisme élaboré, souricière géante ne s’est refermé sur moi satisfait semblait-il de ma réponse.
La question en filigrane est une question que je me suis posée et qui continue de psalmodier à mon oreille : « le bonheur se vit, pourquoi en parler ? » Je n’ai pas vraiment la réponse mais à partir d’aujourd’hui je le fais en français.