Si vous êtes parisien, vous avez sûrement déjà croisé cette hystérique sur son vélo. Elle peste, grogne, invective. Elle rigole toute seule, crie « Yiiiiihaaaa » quand le feu passe au vert. Elle vous fait la morale en vous doublant car vous avez grillé un feu. Elle, c’est moi, le monstre en moi. Quand je suis sur mon vélo, tout prend de l’ampleur, tout gonfle, Hulk devient un enfant de cœur.

Je crois que c’est là que se sont réfugiés toutes mes angoisses sur l’être humain. Je vois dans la manière de circuler des parisiens, des français, des humains (tout gonfle je vous dis) le manque de considération total que l’on a pour les autres. Je ne comprends pas pourquoi les cyclistes ne respectent pas les feux et montent sur les trottoirs. Je m’insurge contre les automobilistes qui prennent des courtoisies avec le orange. J’ai envie de tailler des shorts aux piétons qui ne prennent pas la peine de regarder quand ils traversent.

Alors je peste. Puis je rigole quand j’entends ce qui peut sortir de ma bouche. Je ronchonne. Je sourie parce que ça fait du bien de râler et de se rendre compte que ça ne sert à rien. Ca ne changera pas et en même temps, heureusement car c’est un endroit, la route, où je sais que je vais pouvoir me moquer de moi, de mon envie de contrôler le monde, de ma démence à vouloir ordonner.

Je le trouve intéressant l’exercice de M. Moorkens. Trouver des avantages à ce qui nous énerve au plus haut point. Quand j’ai quitté l’IME après l’interview, il n’a pas fallu 5 minutes avant qu’un piéton ne traverse sans regarder devant ma roue. Les avantages? « Si elle meure, ça régulera l’explosion de la population mondiale » Des avantages cyniques à souhait j’en ai trouvé plein. Une partie de moi se disait qu’il n’y a aucun avantage à ce qui peut m’apparaitre comme irrespectueux de l’autre. Quelques minutes après, rebelote. « Ces étourdis m’obligent à être attentive à l’instant présent quand je suis en vélo » 100 mètres plus loin, un homme s’excuse car il n’avait pas fait attention en traversant. J’éclate de rire et lui dis merci, que ça tombe à point car je fais une étude sur le sujet.

Je crois que l’avantage principal que je décèle est de pouvoir être consciente de mon envie de contrôle. C’est une illusion, une chimère de vouloir que les choses se passent comme on le désire. Et même si on le pouvait, la vie serait d’un morne!

De cette interview, j’ai également identifié quelques plaisirs épigénétiques puisque je fais ces interviews pour l’amour de la rencontre, de l’échange, de l’apprentissage et que même le gros lot du Loto n’arrêterait pas cet enthousiasme.

Pour approfondir ces sujets passionnants, je vais à la séance d’information « Les neurosciences pour comprendre les comportements » du jeudi 25 octobre 2012 à l‘IME.

Avant de rencontrer Pierre Moorkens, j’étais à l’institut de paléontologie de Paris avec un autre belge pour parler des origines de la spiritualité pour mon tout nouveau blog LOGOSTEP. Marcel Otte me dit qu’il n’y a jamais eu de l’histoire de l’humanité de peuple athée! Jamais! Prochaine étape, j’ai rendez-vous au Monde des religions avec l’egyptologue Florence Quentin