Il voulait savoir. Il n’a jamais lu mon blog et il ne s’est pas laissé décourager par ma première esquive.

Il aime bricoler, poncer, scier, chignoler. On le voit souvent courir chercher sa boite à outils et s’engouffrer sous un bureau. Il ne serait pas étonnant d’apprendre que certains aient rencontré son postérieur avant de croiser son regard tout content qu’il était d’ajuster un fil mal connecté.

Il voulait savoir si mon blog sur le bonheur parlait de la poursuite du bonheur.

Question simple posée gentiment d’un ton clair tel un fromage fumant sur une trappe bricolée avec soin.

Le bonheur est un sujet sensible sur lequel chacun à son opinion et son expertise. Du « le bonheur n’existe pas » à « les dix lois du bonheur », tout se dit.

Quand on a un blog sur le bonheur, on se doit d’aller chercher le fromage.

Je m’avance vers maître corbeau et lui dit sans flatterie :

Le bonheur n’est pas une poursuite, le bonheur est un révélateur. Nul besoin de changer le paysage, les gens présents, la disposition, le bonheur n’est pas conditionnel. Face au même tableau, l’un voit la grisaille ou l’autre distingue les touches de couleur. Le bonheur c’est ici et maintenant.

Aucun mécanisme élaboré, souricière géante ne s’est refermé sur moi satisfait semblait-il de ma réponse.

La question en filigrane est une question que je me suis posée et qui continue de psalmodier à mon oreille : « le bonheur se vit, pourquoi en parler ? » Je n’ai pas vraiment la réponse mais à partir d’aujourd’hui je le fais en français.