14 septembre 2026
Comme il est douillet de réduire sa prise au monde, de se balader dans les champs intérieurs, là où mon cœur est paisible.
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai volé du temps à l’agitation du monde. Parfois quelques heures, souvent quelques jours. Isolée, ravie par ma propre pensée, j’alterne entre l’infinitésimale de mon existence et l’importance de la minute.
Alors quand, en 2020, une grande partie de l’humanité s’est confinée, j’ai plongé avec délectation.
Voir l’énorme machinerie économique brider sa vélocité et peu à peu les animaux sauvages pointer le bout de leur nez dans les rues désertées, l’espoir battait la chamade. Les « on ne peut pas » étaient bien des « on ne veut pas ». On ne veut pas ralentir, regarder et chérir l’essentiel. Le pouvoir est là où est la volonté.
Cela aurait pu être l’occasion d’une prise de conscience collective, et ça en avait les atours quand les métiers essentiels croulaient sous les applaudissements. Puis par vagues de déconfinements, les traces s’effacent et nous revoilà au galop sautant allègrement les haies de l’absurdité et de la furie.
Alors je suis restée là, confite dans la sidération. Pourquoi participer à un monde qui te paraît dément ? Permission accordée : extension de confinement. Personne ne remarquera.
Et comme c’est un billet et pas un roman, je fais un bond sans vous parler du miel de cette période et me voilà il y a deux ans. Je réalise cette vidéo, comme une tentative de communication avec le monde au-delà des alentours.

Voyez-vous, je me suis toujours laissé porter par la vie. Un porté dynamique où l’on ne palabre pas avec l’instinct, où l’on suit même pour les aventures les plus improbables.
Qu’est-ce que la vie veut faire de moi ? J’attendais les panneaux de signalisation, qu’on m’aiguille !
Écoutez, j’ai eu le droit à des 4 par 3 et c’est ce que j’aimerais vous raconter dans les semaines, mois qui viennent. Mais comme je ne sais comment séparer le personnel du professionnel, l’intime de l’action, j’ai eu envie d’un sas, d’un endroit personnel, hors des algorithmes et des cases, où je puisse écrire en toute liberté. J’avais besoin de sortir des textes avec leur attirail IA fait de hook, value, call to action… j’étouffe de la profusion de contenu alors j’écris, créant ainsi plus de contenu. Je ne suis pas à un paradoxe près.
Je voudrais vous raconter les hasards, le passé qui vient frapper aux portes et aux fenêtres. J’aimerais aussi vous expliquer comment j’ai renoué avec le collectif en animant une conférence avec Olivier Hamant, un biologiste qui incarne un élan prometteur. Et pour être sûre que l’impulsion perdure, il revient et il se pourrait que j’anime à nouveau. Je m’étais pourtant dit en 2021 que l’animation de tables rondes ou de conférences, ce n’était pas ma place. Je fais une exception et ça vaut le coup, je vous enverrai la vidéo car si j’ai dit oui, c’est aussi pour faire faire le bretzel à 300 personnes et à un directeur de recherche de l’INRAE !
Je n’animerai plus de conférences car je sais exactement ce que je veux faire et c’est encore une volonté extérieure qui a rallumé mon feu intérieur. J’ai passé des centaines d’heures à imbriquer mes toiles en puzzle dans le Talentoscope. Si je sors enfin de mon confinement, c’est pour vivre des expériences transformatrices en grand et ce chemin, j’ai envie de le partager avec vous.
J’écrirai sur mon blog et tous les 14 du mois je vous envoie ce billet avec quelques liens. Ici j’assumerai sans fards ma poly-activité aigüe !
Peinture © Jana Brike, « Traveler and the Outer Limits of the Inner Space »
