Happyview*9: Le gogotier et le capitaine

by Joanna on March 4, 2010

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Je suis une veinarde, une chanceuse, une vernie, une fortunée, une heureuse.

Tous les étés de mon enfance, je passais un mois à me cacher dans les blés, à courir après les poules, dévaler les talus, à rigoler en cauchois, à boire au pis des vaches, à maudire les galets. Tous les étés, je passais un mois dans un village de Normandie, près de Fécamp, perchée sur une falaise.

Quelle chance j’ai eu de pouvoir côtoyer si jeune des milieux aussi différents, de l’ambassadeur au gogotier.

Hubert était gogotier et Robert capitaine sur les chalutiers qui partaient mi-février pour les mers glaciales de Terre-neuve au Canada, d’Islande ou de Norvège. Des campagnes de plusieurs mois sans escale, avec entre elles quelques jours de repos avant de repartir affronter les dangers de la mer.

Hubert travaillait deux quarts de 6 heures avec 35 minutes de pause pour manger puis il avait 6 heures de repos pour dormir et prendre deux repas, et le cycle reprenait.

Et bien à en croire Hubert, il était heureux dans ces conditions extrêmes. J’ai eu beau insister, chercher la faille, Hubert est heureux gogotier, Hubert est heureux à la retraite, pour des raisons radicalement différentes. Si le bonheur était une nature, Hubert l’a pour sûr.

Robert lui semble tirer son bonheur actuel de la satisfaction d’une vie noble, mener avec droiture. Il a beaucoup souffert sur les océans et la responsabilité de l’équipage était lourde. Il craint la mer et sait à quel point elle peut être dangereuse. Il en parle comme d’une femme douce et piquante à la fois, qui amadoue et déchire. Cependant il est fier de la vie qu’il a mené et cela fait son bonheur.

Voilà typiquement ce qui fait la richesse de ce monde : nos différences. Dans des conditions similaires bien qu’à des postes très différents, l’un s’est épanouie, l’autre a enduré. Chacun avec ses lunettes a vu et ressenti la vie de manière très différente.

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Bliss (les explorateurs du bonheur)

by Joanna on February 25, 2010

Moodstep a un an et je peux dire que ce blog m’a beaucoup apporté. J’ai découvert des individus et des groupes qui réfléchissent activement sur le bonheur.

Moodstep m’a aussi permis de rencontrer Jessica.

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Portées par l’idée du bonheur, nous aimerions réunir tous ceux qui veulent continuer (ou commencer) à explorer le bonheur en nous retrouvant le 5 juin à la Cartonnerie à Paris.

De 14h à 19h, nous écouterons, échangerons, participeront à des ateliers avec pour thème central : le bonheur.

Pour organiser cette journée, nous avons créé l’association Happylab et un site internet : www.happylab.fr

Le programme n’est pas encore fixé mais voilà les personnes que je poursuis ou vais poursuivre de mes assiduités :

Etienne Jalenques Psychiatre et auteur de « la thérapie du bonheur »

Jean Delumeau Historien et auteur de « Une histoire du paradis »

Andrew Clark Directeur de recherche au CNRS pour l’économie du bonheur

Jacques Salomé Psychosociologue et auteur de « Pourquoi est-il si difficile d’être heureux ? »

Christian Boiron PDG des laboratoires Boiron et auteur de « la source du bonheur »

André Comte-Sponville philosophe et auteur de « la plus belle histoire du bonheur »

Christophe André psychiatre et auteur de « Vivre heureux. Psychologie du bonheur »

Patrick Viveret Philosophe et auteur de « vers une sobriété heureuse »

Mimie Mathy comédienne et auteur de « aller simple pour le bonheur »

Et ma liste ne s’arrête pas là. Et vous une idée de qui nous pourrions inviter ? Connaissez-vous quelqu’un qui DOIT être là ?

Donc je résume :

Bliss (les explorateurs du bonheur) est une après-midi d’échange sur l’idée du bonheur. Ca a lieu le 5 juin à la Cartonnerie de 14h à 19h. Nous disposons de 90 places à 20€. Pour réserver vous pouvez me joindre à joanna(at)happylab.fr

Si vous avez des idées, du temps, des contacts pour faire de cette après-midi un moment de découverte et d’émerveillement pour nous tous, contactez-moi.

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Episode 2: Mardi

by Joanna on February 18, 2010

Femme sous la neige

Creative Commons License photo credit: leafar.

Dimanche.

Y a de la joie.

Voilà des mois qui dépassent la douzaine que je n’ai pas été à la piscine. Toujours une excuse ! Eh bien ce dimanche, on m’aurait mis sur des roulettes, je n’avais plus qu’à laisser faire le magnétisme de l’eau chlorée. Comme je ne suis pas sur roulette, j’ai marché. Je n’ai que 70 mètres à faire. Il m’a fallu quelques secondes pour reconnaître, sur mon chemin, un de mes anciens colocataires, pas vu depuis des années et qui politisait à grande distribution de tracts. Je suis très friande des coïncidences et petits hasards. La journée commençait bien et ce dimanche alla en crescendo.

Ah j’étais fière, glorieuse même : j’irradiais de joie. C’est simple, il suffit d’orienter ses pensées. Fastoche.

La nuit tomba et direction le 50 pour chanter.

Demain approche. La peur pointe son nez. Une idée noire. Peur. Cynisme. Un sarcasme comme la peur déguisée, enrobée d’un sourire narquois. Une pensée qui titille le coin de l’œil. Je rentre tôt. Le long du canal, je pleurerais bien de ne pas faire honneur à mes chances de vie, de sombrer dans le conflit quand la vie me donne tant.

Bonne nuit. Je me réveille sans souvenirs de mes songes mais dans un état de bien être rare.

Nous sommes lundi matin.

Une pensée noire.

Je me dis que je n’en ai pas besoin mais je laisse pourtant une deuxième faire son nid et le dialogue interne commence. « Te laisse pas faire! Sainte Joanna ne mérite vraiment pas ça »

C’est l’heure. Je suis blême. Le long du canal, jambes en coton.

Face à face. 2h de justifications, accusations, réactions, tout ce que je ne voulais pas faire. Et ma voie qui monte, et mon esprit qui cherche la faille, la confirmation, le complot.

Je rentre. On me dit que ce n’est pas la voie que j’ai choisi, que l’autre est bancal. Mon esprit s’en rassasie, se tape sur le ventre mais sait que c’est un moyen rapide de calmer le malaise qui, lui, plonge ses racines dans la culpabilité d’avoir chercher ce qui n’est pas nécessaire quand on le synthétise soi-même : reconnaissance, protection, justice.

Mardi.

Je virevolte. Des visages amis passent à l’improviste. Des rencontres, des enfants, un chien, une ribambelle de jolis moments et je glisse sur un nuage. Hier n’est plus qu’un songe.

Mon malaise dans cette situation ne vient pas de cette autre personne mais de mes réactions. Je peux écouter sans avoir à adopter son mode de pensée ou m’y plier. La façon dont je réagis m’appartient. Si j’avais été au clair avec moi-même, je n’en aurais pas fait une affaire personnelle.

Et le bonheur dans tout ça ? Renforcé. Même si je n’ai pas réussi mon défi, j’ai en chaque instant, même dans la tristesse, conscience de la chance fabuleuse que j’ai de vivre chaque rencontre, chaque sensation. Je garde aussi à l’esprit que tout change et que la communication peut être interrompue à un moment et être limpide à un autre. Les sensations désagréables peuvent être suivie de moment d’extase et vice versa. Chaque instant, une petite vie en soi.

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Episode 1: Samedi

by Joanna on February 11, 2010

Stick figure sets a fire
Creative Commons License photo credit: soopahgrover

Lundi j’ai un RDV important, un de ceux qui ne font pas vraiment plaisir. Un RDV avec quelqu’un qui a des griefs envers moi.

Quand j’ai reçu sa « convocation », j’ai senti la peur.

La peur comme une onde qui se propage dans le corps et vient durcir la nuque. La peur à l’intérieur du corps comme un jeu de domino. Domino suivant : une pensée et ses congénères en file indienne.

Quel brouhaha dans ma tête ! Ca crie à l’injustice, à la méprise, aux abus, à l’égoïsme. Mes pensées se disputent la plus haute marche, à qui a la meilleure explication, le plus bel argument du pourquoi du comment. Mes pensées tournent et un nouveau domino tombe : une émotion, une angoisse, une pensée négative, fébrilité, une pensée négative, agitation, une pensée négative…

Et il ne me faut en général pas bien longtemps pour que cette peur, souvent disproportionnée, vienne par son torrent d’émotions et pensées balayer toute la beauté de mon quotidien.

Les pensées alimentent les émotions, les émotions façonnent la vision et de ce fait la manière dont je vis les évènements.

Je suis allée marcher, m’aérer, sentir la vie des autres qui courent, qui crient, qui rient. J’ai parlé avec des amis qui m’ont distrait. Mais au bout du compte, je crois que la solution est dans mon camp : je peux décider de ce à quoi je pense et de comment j’y pense.

Donc dans ce texte en deux parties, je me lance un défi :

Je choisie de faire la place belle au beau dans ma vie. Je pense à ce qui renforce mes émotions positives. Et le moment venu, j’écoute ce que l’autre veut me dire sans vouloir justifier, contrer, convaincre, démontrer… j’écoute entièrement.

Nous sommes samedi, lundi viendra mon défi, dimanche est un terrain neutre où la joie peut s’ébrouer. Alors allons y gaiement.

Suite au prochain épisode.

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Le bonheur de créer

by Joanna on February 4, 2010

gribouillage1gribouillage10gribouillage4gribouillage9gribouillage8Je n’arrive plus à prendre de stylo.

Depuis que mon ami Damien m’a offert une belle feuille de papier blanc cartonnée, j’ai le bout des doigts de toutes les couleurs. A la librairie de la rue de Lancry, j’ai trouvé les feutres. Je dessine, je dessine.

Et alors ?

Et bien, je dessine et ça relève du miracle. Je vous raconte.

gribouillage2Mon professeur de dessin au collège avait l’allure d’une femme sèche, un peu rigoriste. Elle était exigeante et ma vie aurait été plus facile si elle n’avait pas placé tant d’espoirs en ses élèves.

Toutes les semaines, une heure, toujours là, jamais malade et son regard qui attendait la 37ème vue du mont Fuji.

gribouillage7Malgré ma main maladroite, mes lignes incertaines, mes courbes mal flanquées, elle attendait, patiemment. Puis un jour, elle me rendit mon devoir avec deux notes. Elle avait abdiqué avec grâce. Comme un aveu d’échec, elle me donna une note pour ma réalisation médiocre et une note pour mon idée.

Je n’ai jamais su dessiner. J’ai toujours été subjuguée par ce don. Au primaire je me rappelle de ce garçon un peu trop grand pour son age, tête blonde et timide, pantalon de velours marron et pulls de personne sérieuse. Il dessinait divinement bien. Des chevaux, de magnifiques chevaux. Aujourd’hui encore je suis toujours médusée par le talent de mes amis dessinateurs comme Nathalie ou Camille.

Alors oui c’est un miracle pour moi de dessiner.

Juste dessiner sans but. Je laisse ma main glisser, mon intuition choisir les couleurs. Je débranche le juge, je suis le plaisir d’être absorbée entièrement par la tache. Pas de but, pas de vision de ce que ça va donner, juste dessiner.

Et parce que Damien ne m’a pas fait un seul cadeau, je me retrouve à co-animer, avec Lone, un atelier sur le bonheur en mars dans un foyer d’accueil d’urgence dans le cadre du Printemps des richesses. Et parce que l’art, la beauté sont sûrement des portes vers la joie, le partage, le bonheur, nous commençons en créant ensemble un Mandala géant avec des éléments naturels avant de parler de bonheur.

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Sans commentaire

by Joanna on January 28, 2010

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Bonne année 2010

by Joanna on December 31, 2009

Une année riche. Beaucoup de rencontres enrichissantes, d’amitiés précieuses. Bonne année à tous.

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Livre: La vie heureuse d’Augustin

by admin on December 24, 2009

croix

église bretagne

calvaire bretagne

Joyeux Noël.

Je suis d’origine bretonne et dans la maison familiale, comme s’en était éberlué un ami de mon frère, toutes les pièces abritent un Christ pendu à sa croix. La Bretagne est une terre catholique jonchée de calvaires, églises et chapelles.

Petite, toute petite par un concours de circonstances, j’ai décrété que Dieu n’existait pas. Messe, catéchisme, communions, rien n’y a fait, je n’y croyais pas.

Sans confession, j’ai cependant toujours respecté les croyants. Un train, un signe religieux autour du cou et me voilà sur vos genoux à vous demander d’où vous vient votre foi. Drôle d’athée que cette jeune fille qui courre après les mains de Fatima et les kippas.

Alors en ce jour de fête chrétienne, j’ai envie d’entamer une série d’articles sur le bonheur au travers des religions et l’occasion m’en a été donnée.

Alors que j’avais décidé de rentrer de la rive gauche jusqu’à chez moi à pied pour me laisser promener par les petites rues de Paris, je vois dans une vitrine un cadeau idéal pour mon oncle très pieux. Je devais attendre que l’on emballe mes présents. Je me ballade dans les rayons de la librairie catholique et Augustin me fait de l’œil. « De beata Vita », « La vie heureuse » écrit cinq ans avant qu’il ne soit ordonné prêtre. Il avait 32 ans, presque mon âge. La quatrième de couverture dit « s’il est une question qui parcourt comme un fil rouge toute l’oeuvre d’augustin, c’est celle du bonheur, ou plutôt du désir de bonheur.” Un obsédé du Bonheur, comme moi, qu’a-t-il découvert? Edition bilingue latin, malgré les stigmates des classes de latin, j’achète.

Pour Augustin tous les hommes veulent être heureux: ‘Omnium certa sententia est, qui ratione quoquo modo uti possunt, beatos esse omnes homines velle.’ On sort sa grammaire latine! Y a pas de raisons qu’il n’y ait que moi qui trinque.

La vie heureuse c’est comme lire des mathématiques du Bonheur. Augustin a à sa table amis et famille et déconstruit, reconstruit le Bonheur.

“Qui a dieu est heureux”. Voilà un constat sur lequel les invités sont d’accord, le biais étant que tous les invités semblent croyants! Puis par une série de questions, Augustin mène ses convives vers des réponses qui semblent de plus en plus complexes pour pouvoir couvrir tous les cas particuliers. De là il revient vers une synthèse qu’il tient en ces mots:

“ Etre heureux n’est donc rien d’autre que ne pas être dans l’indigence, c’est à dire être sage.” La sagesse “n’est en effet rien d’autre que la mesure de l’esprit, c’est à dire ce par quoi l’esprit se tient en équilibre pour qu’il ne verse pas dans le trop ni ne se réduise en deçà du plein. Or il verse dans la luxure, le pouvoir, l’orgueil et toutes autres choses de ce genre par quoi les esprits des intempérants et des malheureux croient se procurer joie et puissance. Or il se réduit par les bassesses, les peurs, la tristesse, la cupidité et toutes autres choses, quelles qu’elles soient, du fait desquelles les malheureux mêmes avouent que les hommes sont malheureux. »… « A donc sa propre mesure, c’est à dire la sagesse, quiconque est heureux. »

Et pour Augustin cette sagesse est guidée par Dieu : « Tel est donc l’entier rassasiement des esprits, c’est à dire la vie heureuse : connaître pieusement et parfaitement par qui l’on est conduit à la vérité, de quelle vérité l’on jouit complètement, par quoi l’on est rattaché à la mesure suprême. »

Je n’aurais sûrement jamais lu Augustin si ce n’avait été pour le bonheur. Les tournures de phrases, le mode de pensée… c’est étonnant comme l’écriture peut nous faire voyager dans le temps. J’ai diné à la table italienne d’Augustin.

Je vous livre également quelques citations choisies par Augustin tout au long de l’ouvrage:

“Ce que tu peux éviter, il est sot de l’accepter” Térence, l’Eunuque, 761

“ Puisque ne peut être fait ce que tu veux, veuille ce que tu peux.” Térence Andrienne 305-306

“Ce qui est utile avant tout dans la vie, c’est qu’il n’y ait rien de trop.” Térence, Andrienne 61

…””

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Livre: le voyage d’Hector

by admin on December 17, 2009

lelordVous rappelez vous de votre premier téléphone portable ? Moi j’étais dans ma fiat Uno à Montpellier en 1999 quand je l’ai sorti de sa boite.

Premier téléphone portable, premier répondeur. J’avais demandé à mon frère d’enregistrer le message d’une voix virile : « Bonjour, je suis Hector le secrétaire particulier de Joanna. Laissez moi un message et je transmettrai »

Depuis Hector a pris des galons et gère mon ordinateur, mes disques durs externes, mon ipod, mon appareil photo… hector-stocks-2Tous mes compagnons électroniques sont un Hector en action : Hector sings, Hector stocks, Hector sees…

Alors vous imaginez, après dix ans de vie commune avec Hector quelle ne fut pas ma joie de découvrir le livre de François Lelord « Le voyage d’Hector ou la recherche du bonheur»

« Il était une fois un jeune psychiatre qui s’appelait Hector et qui n’était pas très content de lui ». Hector part en voyage en Chine, en Afrique et aux Etats-Unis pour comprendre ce qui rend les gens heureux ou malheureux.

Tout au long de son chemin et au fil de ses rencontres, il sort un petit calepin où il griffonne ses leçons du bonheur. Leçon n°1 « Un bon moyen de gâcher son bonheur, c’est de faire des comparaisons » ;… ; leçon n°7 « l’erreur, c’est de croire que le bonheur est le but » ; leçon n°8 : « le bonheur c’est d’être avec des gens qu’on aime » ; … ; leçon n°10 « le bonheur, c’est d’avoir une occupation qu’on aime » ;… ; leçon n°13 « le bonheur, c’est de se sentir utile aux autres » ; leçon n°14 « le bonheur, c’est d’être aimé pour ce que l’on est » ; … ; leçon 20 « le bonheur, c’est une façon de voir les choses »…

J’ai eu du mal à lire le voyage d’Hector essentiellement à cause de son style naïf. Les Etats-Unis sont le « grand pays du plus » ou « le pays où il y a le plus de psychiatres au monde ». Périphrases, périphrases, je suffoquais sous la périphrase.

Je peux comprendre que ce livre soit le livre de chevet de beaucoup de gens car derrière le conte de fée moderne, on trouve de vrais conseils sur le bonheur. François Lelord est psychiatre et ça se sent. Son Hector croise le chemin d’un moine bouddhiste et d’un spécialiste américain du bonheur, et les enseignements sont réels.

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Remous au pays du bonheur

by Joanna on December 10, 2009

Je publie habituellement tous les jeudis mais la machine était grippée. Je n’avais que fichtre du Bonheur, j’expérimentais des remous intérieurs. Il est facile de parler de la félicité quand tout vous sourit mais beaucoup plus difficile quand nos blocages personnels se dressent tels des murs face à nous.

Le nez dessus, je regarde vers le haut, à droite, à gauche et je me sens bien petite et impuissante. Je reconnais ce mur, la couleur et l’odeur de la brique. Je suis déjà passée par ici. Tiens, là, cette encoche, la violence de mon poing qui tentait de traverser, d’exterminer, de détruire ce mur qui n’avait rien à faire là.

Donc me voilà face au même mur. Il a toujours l’air aussi grand, aussi solide. Tout se déchaine en moi. Pourquoi suis-je à nouveau face à ce mur ? N’ai-je rien appris ? Colère, violence intérieure, constat d’impuissance. Vais-je devoir à nouveau subir mes émotions ? Mes pensées sont vampirisées, aspirées, squattées. Les émotions seules maitresses du navire, c’est la grand voile en folie et le risque d’un coup de bôme.

Eh bien ça va vous paraître bien banal mais, avec un peu d’aide, je viens de réaliser que les murs sont parfois là pour nous aider à formaliser ce que l’on veut en ayant devant les yeux ce que l’on ne veut pas. Grace à mon mur, je comprends ce que je désire. J’ai presque honte d’écrire ça parce que c’est d’une simplicité déroutante mais jusqu’ici je n’arrêtais pas de me dire « je ne veux pas ça, je ne veux pas ça » et je fuyais, niais, combattais alors qu’il suffisait de rajouter « si je ne veux pas ça, c’est que je veux ceci ».

Je me concentre sur ceci et je longe le mur jusqu’à ce que ceci apparaisse.

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J’aimerais maintenant partager avec vous l’interview de Stéphanie rencontrée le même soir que Yann au cinquante. Elle avait trouvé un peu trop facile de résumer le bonheur à quelques mots car quand la vie ne nous fait pas de cadeaux, tout ça ce ne sont que des belles paroles. J’ai retrouvé Stéphanie pour qu’elle puisse nous donner son point de vue qui fait écho aux difficultés que j’avais de parler du bonheur cette semaine.

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