Tout ça a commencé à Lille en 2021.
J’animais une table ronde avec, au panel, l’époustouflante Marie Robert. J’ai rarement croisé une personne aussi éblouissante. Sans elle, nous aurions tous sombré dans la gêne d’un moment où les mots, même scandés pour motiver les troupes, sonnent creux.
En sortant, je suis montée dans ma voiture, j’ai rejoint l’autoroute et j’ai pleuré à chaudes larmes pendant une heure. Pourquoi avais-je accepté cette mission alors que je sais pertinemment où se situe ma véritable valeur ajoutée ?
Au volant, je n’avais qu’une hâte : rejoindre la villa de ma bande d’exilés bretons à Paris. Mais avant d’oublier mon dépit dans des discussions sans fin sur la supériorité de l’ardoise sur la tuile, je me suis fait une promesse : plus jamais je n’anime de table ronde si je ne suis pas libre du tempo et du ton.
- 2025 Mathilde me contacte.
Olivier Hamant vient à Lorient. Est-ce que je serais intéressée par l’animation de la soirée ? Je lui explique que ma dernière expérience n’était pas vraiment concluante. Apparemment, Mathilde faisait partie des rares personnes à qui je m’étais confiée sur ma piètre performance. Mathilde est quelqu’un qui construit des ponts, je le savais, je l’avais déjà vu faire. Par contre, j’ignorais qu’elle voyait au-delà des échecs, qu’elle avait sa propre balance.
Je me suis attelée aux pourparlers avec ma promesse : Olivier Hamant, quand je l’écoute, c’est comme si une personne d’autorité validait mes choix de vie. Toutes mes sorties de route : le chemin de la robustesse.
Rajoutez à ça les organisateurs comme Optim’ism, mon fournisseur de légumes, ceux qui me nourrissent toute l’année, ou ALOEN, une association qui, par un drôle de hasard, vient réactiver plusieurs champs de ma vie, je ne pouvais qu’y aller.
« Allez, j’anime celle-là et après, j’arrête. »
Bien m’en a pris. Ce n’était pas seulement une conférence, mais des COPIL, des soirées de réflexion et de partage, un brassage de ceux qui labourent le présent pour le monde de demain.
Au commencement, Adeline, Mathilde et Jean-Marie ont débarqué chez moi sur leurs fiers destriers. Il faisait beau, les couleurs chatoyaient. La réflexion sur l’événement était déjà bien entamée. Quand je leur ai proposé “le secret du bonheur”, leur accueil m’a confirmée dans mon écart. Il y a des promesses qu’il faut savoir rompre.
Olivier Hamant avait dit lors d’une de ses conférences à l’université du Mans : “Le monde qui vient est plus joyeux que le monde que l’on quitte.” Et il me paraissait évident que les 4 éléments de nos moments de joie étaient effectivement en bonne place dans le concept de robustesse qu’il partageait.
Donc voilà comment je me suis retrouvée le 1er juillet à l’UBS (Université de Bretagne Sud) à faire la bretzel avec 300 personnes.
Et c’est à votre tour de faire la bretzel. Installez-vous dans un endroit tranquille et visionnez la vidéo. Suivez les instructions, car si vous écoutez sans faire la bretzel, vous perdez la chance de vivre l’expérience.
Comme le temps était compté et que je ne voulais pas aborder le fond avant qu’Olivier n’ait fait son exposé, j’ai fait sauter ma conclusion habituelle qui est de reprendre chaque élément avec le public pour voir comment cultiver ces composants dans notre vie. Je vous donne ci-dessous les correspondances entre la joie et la robustesse.
ATTENTION : ne pas lire la suite tant que vous n’avez pas regardé la vidéo.
- Les autres : si la joie est souvent dans les moments partagés, alors créons et entretenons les liens entre nous. Dans un monde fluctuant, notre sécurité ne vient pas de l’individualisme, mais de la densité du tissu social et de la coopération.
- La sobriété : La vraie richesse réside dans l’abondance des liens plutôt que dans l’accumulation de biens ou la performance. Olivier met en avant de nombreuses initiatives comme la Low Tech, les objethèques ou les objets réparables.
- Le retour positif : vous ne pouvez pas forcer les autres à exprimer leur gratitude mais, si cela participe à la joie, vous pouvez exprimer votre gratitude aux autres, leur dire ce que vous trouvez de beau chez eux.
- L’inattendu : la joie surgit parfois quand on ose sortir de ses routines, essayer de nouvelles choses. C’est aussi une invitation à accepter les fluctuations pour danser avec l’incertitude.
Comme je vous le disais, cette conférence s’inscrit dans une dynamique de différents formats de rencontres et le lendemain, nous avons passé la journée à cogiter et échanger avec la joyeuse complicité d’Olivier. Cette fois-ci, j’étais photographe, parce que la poly-activité, c’est une des formes de la robustesse.






Et parce que nous aimerions que les idées fertilisent l’action, que nous ne sommes qu’au début de ce changement de paradigme, je suis repartie en négociation avec ma promesse.
Allez, une dernière et après j’arrête : je serai à nouveau maîtresse de cérémonie pour le retour d’Olivier Hamant au Palais des congrès de Lorient le 3 novembre. La stimulante équipe d’ALOEN m’embarque pour la suite et je leur en suis tellement reconnaissante.

Si seulement nous pouvions, de cet élan de 2026, faire grandir l’esprit de robustesse du territoire. Alors, si le voyage vous tente, rejoignez-nous en réservant ici.
